Mme T., handicappée, obligée de faire venir un travailleur tunisien pour l’aider au quotidien
mars 28, 2012
Auxiliaire de vie : un métier en forte pénurie de main d’oeuvre en Ile de France
Mme T. est atteinte d’un handicap reconnu à 80%, qui se caractérise par des difficultés d’élocution et des troubles moteurs. Malgré son handicap et la perte d’autonomie progressive due à l’âge, Mme T. bénéficie d’une certaine autonomie notamment professionnelle, puisqu’elle continue à travailler à temps plein.
Mme T. a besoin d’une aide quotidienne à l’habillage, la toilette et, surtout, la cuisine et la prise des repas. Elle a donc besoin d’une personne qui l’aide à se préparer le matin et qui revienne le soir pour la cuisine et la prise du repas. Elle a également besoin d’assistance dans ses démarches administratives ainsi que d’un accompagnement dans ses activités le weekend.
Elle se faisait aider par plusieurs personnes mais elle n’a jamais pu trouver quelqu’un de stable. Dès lors, l’embauche d’une personne compétente et de confiance est devenue évidente.
Au cours de l’été 2011, Mme T. a déposé une annonce sur le site de Pôle Emploi pour un poste d’« Auxiliaire de vie », métier pour lequel sont signalés de fortes difficultés de recrutement dans le bassin d’emploi de l’Ile de France.
Parmi les candidatures reçues, aucune ne correspondait au profil recherché : la majorité des candidats n’avait pas d’expérience avec des adultes handicapés mais uniquement avec les enfants, les personnes âgées ou « médicalisées ». Un autre critère important a été la distance entre son domicile et celui du candidat ainsi que la flexibilité de ses horaires.
Ses recherches de candidats se sont révélées infructueuses.
Seule solution : faire venir un auxiliaire de vie de l’étranger, par le biais d’une procédure d’introduction
Mme T. a donc commencé à envisager l’embauche de M. H., ressortissant tunisien résidant en Tunisie.
Mme T. connaît M. H. depuis de nombreuses années, car il travaillait dans un hôtel en Tunisie spécialisé dans l’accueil de personnes handicapées où Mme T. passait ses vacances. Une relation de confiance et de respect s’est instaurée entre eux.
Mme T. a donc proposé à M. H d’occuper le poste d’ « Auxiliaire de vie » resté vacant. M. H. a accepté sa proposition et Mme T. a constitué un dossier de demande d’introduction de travailleur étranger à son bénéfice, qui a été adressé auprès de la DIRECCTE au mois de janvier 2012.
Un mois après la DIRECCTE a répondu positivement, en accordant l’autorisation de travail pour le poste d’« Auxiliaire de vie » à M. H.
Ce dernier est aujourd’hui en attente de la délivrance du visa long séjour mention « Salarié » par le Consulat de France en Tunisie.
Giulia Herzenstein, Consultante chez Migration Conseil, qui s’est occupé du dossier de Mme T.
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