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    Etude sur le changement de statut des étudiants étrangers

    ministère de l'intérieur et de l'immigration

    Nous sommes en cours de rédaction du rapport, qui sera rendu au Ministère chargé de l'immigration début 2012.

    Nous remercions vivement tous ceux qui ont participé à cette étude en apportant leur témoignage.

  • Circulaire du 12 janvier sur les étudiants étrangers : comment l’interpréter? Quelles conséquences pour le changement de statut ?

    janvier 19, 2012

    circulaire-12-janvier-2012-etudiants-etrangersLe 12 janvier 2012, une circulaire a été transmise aux préfets pour compléter la Circulaire du 31 mai qui, ayant eu un fort impact sur les changements de statut des étudiants étrangers, avait provoqué leur mécontentement et l’inquiétude des Grandes Ecoles et universités françaises.

    Cette nouvelle circulaire, intitulée « Accès au marché du travail des diplômés étrangers de niveau au moins équivalent au Master : modalité d’examen des demandes », a nécessité à notre équipe une analyse très approfondie, pour démêler certaines imprécisions et estimer avec justesse la manière dont les administrations vont l’appliquer.

    Cette circulaire vise à rétablir l’attractivité de la France, en partie mise à mal par la Circulaire du 31 mai 2011, qui a particulièrement touché les jeunes diplômés « à forte valeur ajoutée » : embauchés à l’issue de stages, pour leurs qualité interculturelles, leur motivation ou leur parcours d’excellence, ces « profils » d’étudiants étaient, plus que les autres, sujets à des difficultés pour respecter le principe de la situation de l’emploi. Cette difficulté a abouti à un grand nombre de rejets de demandes de changement de statut, car les administrations ont appliqué les critères listés dans la Circulaire du 31 mai avec beaucoup de rigueur. L’APS de 6 mois très peu utilisée, ne s’est pas révélée être une solution efficace.

    Les pouvoirs publics ont fait le choix d’apporter une réponse en trois points :

    1. Facilités pour les titulaires de l’Autorisation provisoire de séjour

    La première partie concerne les titulaires de l’APS.

    Pour rappel, il s’agit d’une autorisation provisoire de séjour de 6 mois (ou plus selon les accords bilatéraux), qui permet aux jeunes diplômés d’un niveau au moins égal au master de rester en France quelques mois après leurs études, afin de trouver un emploi correspondant à leur niveau de diplôme. Dès cet emploi trouvé, ils doivent solliciter un titre de séjour “salarié”. A la différence des étudiants non titulaires de l’APS qui changent de statut, les titulaires de l’APS n’ont pas obligation de respecter le principe de l’opposabilité de la situation de l’emploi lorsqu’ils sollicitent leur changement de statut.

    Les étudiants souhaitant bénéficier de ce dispositif doivent solliciter l’APS 4 mois avant l’expiration de leur titre de séjour, et doivent prouver leur niveau de diplôme… ce qui, d’un point de vue de calendrier, est loin d’être évident…

    La circulaire introduit une légère amélioration dans l’accès à cette APS, en indiquant aux préfets que les étudiants d’un niveau de diplôme suffisant pourront “bénéficier d’une autorisation provisoire de séjour” “à compter de la date de décision du jury de diplôme concerné”.

    Par cette phrase, les pouvoirs publics semblent vouloir résoudre la problématique des étudiants qui ne se voient délivrer leur diplôme que plusieurs semaines ou plusieurs mois après la fin de leurs études, les privant ainsi d’un document indispensable à l’obtention de l’APS : ils pourront présenter “une attestation établie conjointement par le directeur ou le président de l’établissement d’enseignement supérieur et le chef d’entreprise”.

    Quelques points restent flous, et nous obligent à attendre de voir comment les administrations vont interpréter ce paragraphe pour nous prononcer :
    La date de décision du jury est-elle la date à partir de laquelle l’étudiant peut solliciter l’APS ou la recevoir ? Qu’en est-il si elle intervient après l’expiration du titre de séjour étudiant ? La réussite de la première année de master suffit-elle ?

    Attention : les facilités accordées aux titulaires de l’APS sont réaffirmées dans cette circulaire, mais il reste nécessaire de constituer un dossier complet et de respecter la procédure pour réussir le changement de statut : les administrations risquent d’être particulièrement attentives à tout détournement ou usage dilatoire du dispositif d’APS.

    2. Examens avec bienveillance pour les étudiants « à forte valeur ajoutée »

    La seconde partie concerne les changements de statut d’étudiants d’un niveau au moins égal au master, mais qui ne sont pas titulaires de l’APS.

    Les conditions à respecter sont exactement les mêmes qu’avant (rémunération, adéquation avec le diplôme, situation de l’emploi, etc. ), mais cette circulaire autorise, voire encourage « l’examen individuel des demandes » (le cas par cas), dans le but que « la nécessaire maîtrise de l’immigration professionnelle ne se fasse pas au détriment de l’attractivité du système d’enseignement supérieur français, ni des besoins de nos entreprises en compétences spécifiques de haut niveau ».

    Les préfectures sont donc encouragées à prendre en compte des situations telles que :
    - Les connaissances inter-culturelles et multlinguistiques du jeune diplômé
    - Son parcours scolaire dans des établissements français
    - Son excellence scolaire
    - Le fait qu’une entreprise en France ait soutenu la formation de l’étudiant. (Après vérification, il semble que cette phrase signifie que les préfectures prendront en compte le cas des étudiants embauchés à l’issue d’un stage).

    Cette liste n’est pas exhaustive, ce qui renforce la marge de manœuvre des préfectures dans l’instruction des dossiers.

    Attention : si ces consignes sont de bonne augure pour certains étudiants à forte valeur ajoutée, il ne faut pas pour autant considérer que leurs demandes seront systématiquement acceptées, d’autant plus que ce texte est adressé aux préfets, et non aux Direccte : théoriquement, les Direccte, qui instruisent les demandes d’autorisation de travail, ne sont pas sensées changer leurs méthodes d’instruction des dossiers.

    Par ailleurs, on ne sait pas si cet examen individuel va s’appliquer dans le déroulement de la procédure (délivrance de récépissés autorisant à travailler, acceptation de dépôts tardifs ?) ou dans l’issue de la demande (acceptation de dossiers remplissant tout juste les conditions ?)

    Prudence donc : la demande de changement de statut peut être abordée avec un peu plus de confiance et d’espoir pour certains étudiants, mais il est indispensable de garder la même rigueur dans la constitution des dossiers, le respect des conditions et du déroulement de la procédure.

    3. Réexamen des dossiers rejetés

    Enfin, cette circulaire autorise les étudiants qui ont déposé leur demande de changement de statut après le 1er juin 2011, et ont obtenu un rejet, à solliciter un réexamen de leur situation.

    Pour ce faire, la technique la plus appropriée serait que l’employeur et le jeune diplômé envoient conjointement une demande de réexamen par courrier.

    Attention : ce réexamen ne semble possible que lorsque l’employeur et le contrat sont les mêmes que précédemment. Une nouvelle demande de changement de statut appuyée par un autre employeur ne pourra être présentée que dans certains cas.

    Les consultants de Migration Conseil vont, dans les prochaines semaines, poursuivre l’analyse de cette circulaire en fonction de l’application qui en sera faite. Ils commencent dors et déjà à adapter les dossiers qu’ils constituent aux éléments inscrits dans cette circulaire (avec l’utilisation de nouveaux arguments notamment), mais ils conservent une attitude de prudence dans la gestion des demandes de changements de statut et dans la constitution des dossiers, afin de donner à chaque demande les meilleures chances de réussite, et de limiter au maximum l’incertitude quant-à l’examen au cas par cas des demandes.

    Voir la circulaire du 12 janvier 2012

    C. Bonnet, article publié sur le www.questionsdetrangers.com, le blog de Migration Conseil

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    Commentaires

    4 réponses à “Circulaire du 12 janvier sur les étudiants étrangers : comment l’interpréter? Quelles conséquences pour le changement de statut ?”
    1. Amine AISSAOUI says:

      Bonjour,

      Je suis jeune diplômé (diplôme équivalent à un Master) étranger et j’ai une APS de 6 mois (je l’ai eu en fin décembre dernier). J’aimerai à la fois commenter votre interprétation (car il y a des points où je ne suis pas d’accord avec vous) et aussi demander des questions.

      D’abord, je pense que vous vous êtes trompé concernant les APS. En effet, les titulaires de cet APS bénéficient d’un certain avantage par rapport à ceux qui ne le détiennent pas. L’avantage, c’est que ceux qui ont un APS sont autorisés à effectuer une première expérience professionnelle (mais attention, une première donc pas de deuxième) et ceci est une procédure particulière qui s’introduit dans le retour au pays d’origine de l’intéressé, ça n’a rien à voir avec le changement de statut. D’ailleurs il y a une phrase dans le nouvelle circulaire qui explique tout “Enfin, il vous est rappelé qu’il est loisible aux intéressés de déposer deux dossiers différents, l’un au titre de l’article L.311-11, l’autre dans le cadre d’une demande de changement de statut de droit commun”. Pour en conclure, il n’y a aucun avantage accordé à ceux qui ont une APS pour le changement de statut.

      Mais les points que je trouve encore flous, c’est la nature de ce titre accordé pour la première expérience professionnelle et le statut et la durée de ce titre. Ils disent dans la circulaire : “si les conditions qui ont présidé à la délivrance du premier titre de séjour annuel sont toujours réunies, celui-ci est renouvelé jusqu’à l’issue de la première expérience”. or on a entendu dire le ministre (de travail ou de l’enseignement supérieur, je ne me rappelle plus) que les diplômé d’au moins master peuvent faire une expérience de maximum 18 mois, donc ce titre pourra-t-il être renouvelé? Il y a beaucoup de points d’interrogation sur ce sujet. Comment on peut être autorisé à rester en France pour une seule première expérience? et si on est promu (ça devient une deuxième expérience) ? et si l’entreprise ferme ses portes ou déclare faillite? ou tout simplement décide de réduire son effectif ? seront nous piégés par cette première expérience ??

      Enfin, quand ils disent “ces exemples ne sont pas limitatifs ni cumulatifs”, alors pour quoi ils les ont cité ??? Quelle est la situation de ceux qui ne sont pas de ces exemples ?

      Je vous remercie de me répondre pour ces questions.

      Cordialement,
      Amine AISSAOUI

    2. Migration Conseil says:

      Bonjour Amina

      Que le jeune diplômé soit titulaire de l’APS ou non, la procédure reste exactement la même, sauf que :
      - les titulaires de l’APS n’ont pas à respecter le principe d’opposabilité de la situation de l’emploi (c’est un gros avantage, qui allège le dossier à constituer)
      - ils peuvent commencer à travailler dès qu’ils ont trouvé un emploi répondant aux conditions (adéquation diplôme – emploi trouvé – rémunération) avant d’obtenir la réponse de la Direccte.

      Il est vrai que le changement de statut (avec ou sans APS) est censé concerner une première expérience professionnelle… mais ceux qui sont embauchés en CDI n’auront pas de difficultés pour renouveler leur titre de séjour salarié, si les conditions sont toujours respectées. Ce point est réaffirmé dans la circulaire par la phrase suivante :
      “Si les conditions qui ont précisé à la délivrance du premier titre de séjour annuel sont toujours réunies, celui-ci est renouvelé jusqu’à l’issue de la première expérience professionnelle”..: renouvellement possible du titre de séjour salarié sans limite de durée, pour ceux qui ont un contrat en CDI. En revanche, il est très fortement déconseillé de changer d’emploi dans la première année (voir dans les premières), au risque d’avoir des difficultés pour renouveler le titre de séjour salarié. En cas de changement de poste, il faudra faire une nouvelle demande d’autorisation de travail.

      Enfin, concernant les exemples “ni limitatifs ni qualitatifs” : il s’agit de laisser une marge de manœuvre aux administrations, pour qu’elles prennent en compte les profils qu’elles jugent “à forte valeur ajoutée”… mais ce point est flou, et il vaut mieux constituer un dossier exhaustif, car il est difficile de deviner précisément quels types de dossiers seront examinés avec bienveillance, et dans quelle mesure ils le seront.

      Il faut garder à l’esprit que cette circulaire a surtout pour objectif d’endiguer le mouvement de protestation des étudiants et de répondre aux inquiétudes des entreprises et des grandes écoles et universités : il ne s’agit pas d’une loi; la procédure de changement de statut n’est pas fondamentalement modifiée, loin de là!

      L’équipe de Migration Conseil
      La dernière phrase de la circulaire, que vous citez, est très floue et ne doit pas être interprétée au premier degré : en aucun cas vous ne pouvez déposer deux dossiers dans la même préfecture. Il s’agit, en fait, d’une sorte d’erreur dans la rédaction de la circulaire.

    3. Amine says:

      Bonjour,

      Je vous remercie pour votre réponse bien détaillée.
      Mais pour moi, il y a toujours un point principal que je ne suis pas d’accord avec vous, le voici:

      Le diplômé qui a un APS et qui a signé un CDI a le droit d’avoir un titre de séjour autorisant l’execice d’une première activité professionnelle en France sans que la situation de l’emploi puisse être opposé. Mais attention, ceci n’est pas le changement de statut étudiant-salarié (donc la carte délivré n’est pas la carte “salarié”). Et cette procédure est très restrictive car l’étudiant diplômé s’est engagé à rejoindre son pays à l’issue de cette première expérience.

      Donc pour avoir la carte “salarié” il faut demander un changement de statut (qui est un dossier différent), et la situation de l’emploi peut être opposé dans ce cas (de droit commun). Et c’est pour ça que la dernière phrase de la circulaire indique qu’il est loisible de déposer deux dossiers différents. Pour moi, cette phrase n’est pas flous, elle est même très claire.

      En résumé, je pense que le message de cette circulaire aux étudiants est le suivant : Vous pouvez faire une première expérience en France mais vous vous engagez à retournez à vos pays quand c’est fini.

      Merci de me répondre si vous avez des remarques.

      Cordialement,
      Amine

    4. Migration Conseil says:

      Bonjour,

      Vous jouez sur les mots : que ce soit un changement de statut ‘pur’ ou une demande d’autorisation de travail avec une APS, la démarche revient au même, les cerfas seront les mêmes à remplir, les personnes qui vont instruire votre dossier seront les mêmes, etc. Seule réelle différence : l’opposabilité de la situation de l’emploi.
      Il y a engagement de retour dans le pays d’origine, certes, mais il est peu probable que salarié qui a passé plusieurs années dans son entreprise en France ne puisse pas se marier ou changer de travail en France, sous prétexte qu’il a été un jour titulaire d’une APS.
      Quant-à la phrase qui donne la possibilité de déposer deux dossiers… elle existe bien, mais nous doutons fortement qu’elle puisse être appliquée …
      Attendons quelques semaines pour voir l’interprétation que les administrations en font : seules elles nous donneront tort ou raison !

      Nous espérons, en attendant, avoir répondu à vos questions,
      Cordialement,
      L’équipe de Migration Conseil

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