Actualité Immigration : 17-23 mai 2010
mai 25, 2010
Travailleurs sans-papiers
Les rencontres entre les associations et syndicats, le Ministère de l’Immigration et des représentants du Ministère du Travail se sont poursuivies cette semaine. Alors que, quelques jours plus tôt, le Ministre de l’Immigration E. Besson affirmait qu’il était hors de question de rouvrir les négociations sur le sujet – la circulaire de régularisation du 24 novembre étant assez généreuse et pragmatique – , il s’est cette fois engagé à procéder à une évaluation qualitative et quantitative de la mise en application de cette circulaire par les préfectures, afin d’en mesurer l’homogénéité.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette décision. Outre le travail actif des associations et des syndicats, le document d’approche commune entre les employeurs et les organisations syndicales pour réclamer la mise en place de critères objectifs et l’appel publié sur le quotidien le Monde la semaine dernière ont contribué à faire bouger les choses.
Il est également possible que les pouvoirs publics craignent des blocages dans plusieurs secteurs d’activités si le mouvement des travailleurs sans-papiers se durcit : les hôpitaux et les sous-traitants pour l’entretien des centrales nucléaires pourraient par exemple être affectés.
Pascal Decary, DRH de Veolia et administrateur du syndicat national des activités du déchet est sorti du silence en accordant une interview au quotidien économique Les Echos. Par son implication dans cette cause, il souhaite contester les variations d’interprétation de la circulaire selon les préfectures, et les inégalités de traitement qui en résultent. Il regrette que ce sujet soit encore très tabou chez les employeurs.
A sujet des sanctions à l’encontre des employeurs de sans-papiers, il critique le fait que ceux qui ont déclaré leurs salariés et ceux qui ne l’ont pas fait soient logés à la même enseigne.
La société Dérichebourg Multiservices, spécialisée dans le service aux collectivités, appelle également à un traitement plus équitable des salariés sans-papiers.
Afin d’interpeler l’opinion publique et d’exercer une pression sur l’Etat, plusieurs associations ont incité les travailleurs sans-papiers à déposer leur déclaration d’impôt de façon groupée. Au vu des commentaires faits sur ce sujet sur le Journal Libération, ces derniers ne remportent pas l’adhésion de l’opinion publique, très prompte à défendre le « travail des français ».
Politique d’insertion professionnelle des étrangers
Les demandeurs d’emploi étrangers primo-arrivants devraient pouvoir bénéficier d’un suivi personnalisé. C’est en tout cas ce que la convention signée entre l’Office français de l’immigration et de l’intégration prévoit.
Cette mesure est destinée à faire face à l’important taux de chômage des immigrés (30%).
Elle poursuit les bilans de compétences professionnelles mis en place en 2007, et dont 55000 étrangers primo-arrivants ont bénéficié en 2009 (sur 100 000 nouveaux-arrivants signataires du Contrat d’Accueil et d’Intégration).
Transferts de fonds
Eric Besson a annoncé sa volonté de réduire les coûts des transferts de fonds des migrants. Ces transferts se sont élevés à 8 milliards d’euros l’an passé, avec des commissions qui avoisinent les 8-10%, et pouvant aller jusqu’à 20%.Ces transferts sont donc une véritable manne d’argent pour les banques.
Dans l’optique de faire baisser les commissions, E. Besson souhaite faire davantage jouer la concurrence entre les banques, en publiant sur internet un tableau comparatif des prix. Il espère également réduire les transferts de fonds informels et mieux valoriser « l’épargne dite de co-développement ».
Histoires d’expulsion
Comme chaque semaine, les médias se saisissent d’une « histoire d’expulsion » pour faire réagir l’opinion publique. Les semaines passées, l’expulsion d’un adolescent polyhandicapé, et l’oubli d’un bébé lors de l’expulsion d’une famille avaient fait grand bruit.
Cette semaine, c’est l’histoire de Fatou qui émeut l’opinion publique : cette jeune sénégalaise de 21 ans a fui son domicile conjugal et a porté plainte suite à des coups portés par son mari. La préfecture de Créteil n’a pas jugé sa plainte suffisante et lui a demandé de quitter le territoire. Plusieurs associations parlent de double violence : conjugale et institutionnelle.
Ca n’arrive pas qu’aux autres :
Au Canada, une famille française est menacée d’expulsion à cause du handicap d’un enfant. Déjà présents légalement au Canada depuis plusieurs années, ils se sont vus rejeter leur demande de résidence, car leur fille est un « fardeau excessif » pour les services sociaux canadiens.
Immigration hors de France
En Arizona
Dans les revues de presse des deux semaines précédentes, nous avions déjà évoqué la politique d’immigration en Arizona qui, pour limiter l’afflux d’immigrés clandestins (Mexicains pour la plupart), a annoncé une nouvelle mesure qui permettrait de contrôler les papiers des habitants avec pour seul motif « des doutes raisonnables » sur la légalité de leur présence.
Plusieurs grandes villes, notamment en Californie, ont réagi à cette institutionnalisation du contrôle au faciès par des boycotts économiques. En retour, l’Arizona menace de coupé l’approvisionnement en électricité à Los Angeles.
Le journal Libération a, à ce sujet, publié un reportage intéressant sur la question du traitement de l’immigration clandestine à la frontière mexicaine : il montre que la situation des immigrés illégaux, constamment traqués, a beaucoup évolué ces dernières années, et notamment depuis que les entreprises risquent d’être sanctionnées pour emploi de salarié étranger irrégulier. La question de l’étanchéité de la frontière est loin d’être réglée ; 60% des Américains sont favorables à la loi sur le contrôle d’identité.
En Grèce
De plus en plus, la Grèce fait figure de pays d’immigration… ou au moins de transition : en 2009, 145000 clandestins ont été interceptés à la frontière grecque : des Somaliens, des Afghans, des Irakiens, mais également de plus en plus d’Algériens et de Marocains, qui préfèrent entrer en Europe via la Turquie plutôt qu’en traversant la Méditerranée. Le quotidien Libération présente un reportage sur ce sujet. (La Grèce, escale clandestine)
Céline B., chargée de mission chez Migration Conseil



Donc, si je comprends bien, les étrangers en France vont bénéficier d’un accompagnement spécialisé pour trouver du travail, pendant que les Français continueront à attendre des mois leur rdv à Pole Emploi, et que leur conseiller les recevra 5 mn pour leur dire qu’il n’y a pas de boulot pour eux?
Ce n’est pas dans mes habitudes de dénoncer le trop plein d’étrangers en France, mais là, ça va un peu loin.