Actualité Immigration 12-18 septembre : Comoriens à Marseille – Augmentation des retours aidés – Etudiants étrangers
septembre 20, 2011
Comoriens à Marseille : les propos de M. Guéant
En concomitances avec ses déclarations sur le rapatriement des mineurs roumaines – mesure que le Conseil Constitutionnel avait déjà censurée en novembre 2010 (Cf. revue de presse du 5-11 septembre 2011) – le Ministre de l’Intérieur choque à nouveau l’opinion publique avec ses propos sur les ressortissants comoriens résidant à Marseille.
Dimanche 11 septembre, dans le cadre de l’émission Le Grand Jury RTL-LCI-« Le Figaro », M. Guéant a été interrogé sur les raisons de l’insécurité à Marseille. A ce sujet le Ministre de l’Intérieur a affirmé : ” Je peux vous dire qu’il y a à Marseille une immigration comorienne importante qui est la cause de beaucoup de violences “.
Ces propos ont suscité l’indignation de la communauté comorienne ainsi que les critiques de plusieurs élus de droite dont le sénateur et maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin. Ce dernier a affirmé qu’on ne peut pas ” incriminer une communauté en particulier “.
Mercredi 15 septembre, M. Guéant a dit ” regretter “ ses propos de dimanche soir.
Cependant, lors d’un communiqué daté du 16 septembre, le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) a annoncé vouloir porter plainte contre le ministre pour ” incitation à la haine, violence, discrimination à caractère raciste et la diffamation à caractère raciste “. L’association a ajouté : ” En s’attaquant à la communauté comorienne de Marseille, présentée par lui comme criminogène et comme un groupe dangereux en soi, le ministre de l’intérieur en exercice a gravement porté atteinte aux valeurs de la République et à l’universalisme humaniste “.
Retours aidés et reconduites à la frontière
M. Guéant veut augmenter le nombre des retours aidés afin d’atteindre l’objectif de 30.000 reconduites à la frontière qu’il a fixé pour l’année 2011.
Le dispositif de l’aide au retour comprend l’Aide au Retour Volontaire ainsi que l’Aide au Retour Humanitaire et il est géré par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).
” Vous veillerez, les prochains mois de l’année 2011, à ce que ce dispositif soit mieux utilisé afin d’atteindre le nouvel objectif de 30.000 mesures d’éloignement “, écrit M. Guéant au directeur général de l’Ofii.
M Guéant assimile donc les aides au retour aux mesures d’éloignements existantes, alors que, selon les textes, les retours aidés ne sont pas des mesures d’éloignement.
Par conséquent, contrairement aux pratiques actuelles, le nombre d’aides au retour versés ne devrait pas être comptabilisé parmi le nombre de reconduites à la frontières effectuées…
Etudiants étrangers : l’UNEF dénonce
Selon le journal Les Echos, mardi 16 septembre l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) a dénoncé le durcissement des exigences financières pour pouvoir étudier en France.
Dans un communiqué commun avec l’Union des étudiants algériens de France (UEAF) et l’Union des étudiants vietnamiens en France (UEVF), l’Unef, première organisation étudiante de France, dénonce les changements survenus suite à la nouvelle loi sur l’immigration parue en juin dernier.
Selon un décret d’application daté de septembre, les ressources financières minimales pour se voir accorder un titre de séjour étudiant sont augmentées de 70% à 100% d’une bourse de gouvernement français (article 36 du décret). Selon l’Unef, ” le ministère de l’intérieur exige donc des étudiants étrangers qu’ils attestent de 5.500 euros sur un compte en banque, soit 1.500 euros supplémentaires par rapport à la situation en 2010 “.
En conclusion, l’Unef ” exige le retrait immédiat ” du durcissement des conditions de ressources pour les étudiants étrangers et ” demande l’égalité des droits entre étudiants étrangers et étudiants français sur tous les plans: la fin du critère de nationalité pour les bourses sur critères sociaux (et) un titre de séjour pluriannuel pour l’ensemble des étudiants étrangers “.
En Vrac :
- L’avocat Arno Klarsfeld, proche de Nicolas Sarkozy a été nommé président de l’Ofii. Depuis mardi 13 septembre il replace à ce poste M. Paillé, lequel avait à plusieurs reprises dénoncé le durcissement de la politique migratoire française.
- La ville d’Angers n’arrive plus à faire face à l’afflux des demandeurs d’asile. La plate-forme associative d’accueil des demandeurs d’asile a fermé ses portes le 5 septembre, estimant n’avoir pas suffisamment de moyens pour gérer le nombre de demandeurs d’asile qui se présentent quotidiennement au centre.
Giulia Herzenstein, article publié sur questionsdetrangers.com, le blog de Migration Conseil

