Actu immigration : 18-24 octobre 2010 – occupation travailleurs sans-papiers, droit d’asile, discriminations.
octobre 25, 2010
Travailleurs sans-papiers
Quelques centaines de sans-papiers occupent la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration depuis le 7 octobre. L’occupation se déroule très pacifiquement ; les relations avec le personnel de la CNHI sont cordiales. Plusieurs historiens sont venus soutenir les grévistes.
Ce mouvement est la suite du mouvement des sans-papiers entamé il y a un an, en octobre 2009, pour réclamer des critères équitables et justes de régularisation. Aujourd’hui, les grévistes réclament l’application de l’addendum du 18 juin 2010, qui prévoyait la délivrance de récépissés aux grévistes qui déposent un dossier de demande de régularisation. Jusqu’à présent, les résultats sont décevants pour les grévistes : les dossiers des grévistes, déposés de façon groupée, semblent être plutôt « désavantagés » par rapport à ceux qui ont été déposés de façon individuelle par des non-grévistes.
Le 18 octobre, il semble que le Ministre de l’Immigration ait accepté la délivrance de récépissés pour les grévistes. Les négociations se déroulent « dans les coulisses ».
Les grévistes ont affirmé ne pas vouloir quitter la CNHI tant qu’ils n’auront pas le fameux récépissé. Attention cependant : ce dernier n’aboutira pas forcément à l’obtention d’un titre de séjour.
Droit d’Asile
Les salariés de la Cour Nationale du Droit d’Asile sont en grève, pour dénoncer un hausse continue de leur charge de travail, qui nuit aux demandeurs d’asile.
La CNDA est chargée d’étudier les recours contre les décisions de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et des apatrides), lui-même chargé d’étudier les dossiers de demande d’asile et d’attribuer – ou non – le statut de réfugié.
La procédure du recours s’est complexifiée, et le nombre de recours a augmenté de 10 %.
Les salariés dénoncent la politique du chiffre et le manque de moyens qui les empêchent d’instruire les dossiers correctement.
Ils dénoncent également les conditions dans lesquels vivent les demandeurs d’asile. Les Centres d’Accueil des Demandeurs d’Asile (CADAs), dans lesquels les demandeurs d’asile sont sensés être hébergés pendant la durée de l’instruction de leur demande, sont surchargés. De plus en plus de familles vivent dans la rue.
Un reportage à Grenoble montre l’urgence de la situation : beaucoup de familles venues du Kossovo dorment dans la rue.
La Belgique fait également face à un afflux important de demandeurs d’asiles Serbes, Kossovars, Macédoniens, alors même que les ressortissants de ces pays ont très peu de chance d’obtenir l’asile politique. Cet afflux s’explique notamment par la levée de l’obligation des visas en décembre 2009. La Commission Européenne a demandé à la Serbie, à la macédoine et au Kossovo d’intervenir.
Discriminations
L’enquête « trajectoire et origine » de l’Ined et l’Insee a été publiée aujourd’hui.
Les résultats confirment ce que l’on connait déjà : il exite d‘importantes discriminations dans l’accès à l’emploi et dans l’emploi :
- Le chômage est plus élevé chez les immigrés (en 2008, 11% contre 9% pour la « population majoritaire »).
Les risques de chômage sont deux fois plus élevés pour les immigrés d’origine Africaine. Les filles et les femmes d’immigrés maghrébins sont doublement pénalisées ; elles cumulent les discriminations liées à l’origine, au genre, et, souvent, les discriminations liées à l’origine sociale
- A poste équivalent, qualifications et expériences professionnelles équivalentes, il existe un écart de salaire de 10% entre les immigrés et les non immigrés.
- Enfin, dernière précision qui va à l’encontre de nombreux préjugés : les immigrés d’origine africaine sont plus instruit que la moyenne nationale : 37% sont diplômés de l’enseignement supérieur, contre 32 % de la « population majoritaire ».
L’école peine à intégrer les enfants d’immigrés
Le Haut Conseil à l’Intégration a publié une étude inquiétante sur le rôle intégrateur de l’école : dans les écoles des “zones prioritaires”, les tensions ethno-culturelles se multiplient, les risques de communautarisme sont importants, et peuvent aboutir à un rejet de la culture et des valeurs de la république. Ces difficultés de l’école sont en partie le fait d’une cartographie scolaire très inégalitaire et déséquilibrée.
Politique d’immigration en Allemagne
L’Allemagne est en proie à des débats intenses sur l’immigration. Angela Merkel souhaite attirer davantage d’immigrés qualifiés ; une loi est en préparation pour faciliter la reconnaissance des diplômes étrangers et lutter ainsi contre la pénurie de main d’uvre qui touche certains secteurs techniques. Une responsable du parti conservateur a déclaré que “l’Allemagne n’avait plus besoin d’immigrés Arabes et Turcs”. Ces déclarations ont soulevé l’indignation de plusieurs personnalités.
Céline B. Migration Conseil
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